CP 03978

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Marie de Régnier à Marcel Proust [le jeudi 11 décembre 1919]

(Cliquez le lien ci-dessus pour consulter cette lettre et ses notes dans l’édition numérique Corr-Proust, avec tous les hyperliens pertinents.)

Monsieur Marcel Proust 44 rue Hamelin

à porter

[1]

Cher Canaque[2] et ami

je me réjouis bien de votre succès mais j'espérais que vous obtiendriez le grand prix de Littérature[3] et je travaillais pour cela... Enfin un « Tiens vaut mieux que deux tu l'auras »...

Vous ne m'en voulez pas dites de ne pas vous avoir encore remercié pour les Jeunes filles en fleurs ? C'est un livre que j'ai bien aimé et puis quel plus sûr et charmant moyen de retrouver le Temps perdu que de se confier au fil de ces Arianes qui portent en elles déjà le temps futur ? Merci pour tant d'heures émues et amusées — pour ces beaux et charmants portraits que j'aime. Saint-Loup et le Saint-Simonien Monsieur de Charlus !

Mes fidèles et amicaux souvenirs

Marie de Régnier

[4] [5]

Notes

  1. Lettre de félicitations pour le prix Goncourt ; doit dater du jeudi 11 décembre 1919. [PK]
  2. Marie de Régnier rappelle ici affectueusement à Proust son ancienne appartenance à l'académie Canaque, ou Canaquadémie, un cercle de jeunes écrivains qui fréquentaient le salon de son père, le poète José-Maria de Heredia, vers 1893-1895. Marie de Heredia (elle épousera Henri de Régnier en 1895) avait fondé ce cercle irrévérencieux au moment de l'élection de son père à l'Académie française en 1894. Elle en était la reine, Proust le secrétaire perpétuel, et l'académie comptait parmi ses membres Henri de Régnier, Pierre Louÿs, André Gide, Paul Valéry, Philippe Berthelot, Léon Blum, et d'autres. Voir une lettre de Gérard d'Houville (nom de plume de Marie de Régnier) à Paul Valéry à l'occasion de son élection à l'Académie française, dans laquelle elle évoque son passé « canaque » : « Chronique du Figaro. Lettre à Paul Valéry » (Le Figaro, 23 juin 1927, p. 1). Déjà, en février 1914, lorsqu'elle écrivait à Proust pour le remercier de l'envoi de Swann, Marie de Régnier s'adressait ainsi à lui : « Merci mon cher Canaque d'avoir écrit pour ma délectation ce livre étonnant […] » (CP 03432 ; Kolb, XVI, nº 208). En avril 1920, Henri de Régnier conclut ainsi une lettre à Proust : « La Reine des Canaques me charge de vous transmettre ses affectueux souvenirs [...] » (CP 04141 ; Kolb, XIX, nº 103). [CSz]
  3. Marie de Régnier avait reçu le Grand prix de littérature de l'Académie française en 1918 pour l'ensemble de son oeuvre publié sous le pseudonyme Gérard d'Houville. Le prix fut attribué à Jérôme et Jean Tharaud en juin 1919, à Edmond Jaloux en 1920, à la comtesse Anna de Noailles en 1921. Voir la liste des lauréats depuis 1912 sur le site officiel de l'Académie française. [CSz]
  4. (Notes de traduction)
  5. (Contributeurs)